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Sécurité communautaire· Par ARMSMA

Déclaré comme restaurant : comment l'incendie d'un bar musical de Bangkok a-t-il fait 41 morts ?

Peu avant minuit, le dimanche 12 juillet 2026, un musicien sur la scène du Rong Beer Na Ladprao, une brasserie du nord de Bangkok, a vu de la fumée s'échapper d'un disjoncteur près de la scène. Puis le courant a été coupé. Une explosion a suivi, et une épaisse fumée a rapidement envahi la salle, selon le Premier ministre Anutin Charnvirakul, cité par l'Associated Press.

La plupart des morts ont ensuite été retrouvés piégés dans des toilettes sans fenêtre près d'une sortie arrière, où ils se sont peut-être abrités des flammes, a indiqué le chef de la police nationale (AP). Au 18 août, le bilan atteignait 41 morts, selon le centre Erawan de l'administration de Bangkok, cité par Thai PBS World.

Le bar affirmait sur les réseaux sociaux pouvoir accueillir environ 600 personnes. Il se trouvait hors des zones de divertissement désignées de Bangkok et était enregistré comme restaurant avec musique live, selon les autorités. En droit thaïlandais, les règles incendie strictes adoptées après un incendie meurtrier dans une discothèque en 2009 ne s'appliquaient donc pas à lui (AP).

Pourquoi tant de morts ?

Le gouverneur de Bangkok, Chadchart Sittipunt, a indiqué que la plupart des décès étaient dus à l'inhalation de fumée (AP). Un spécialiste de la protection incendie de l'Engineering Institute of Thailand, Juladit Chayaniyayodhin, a confié au New York Times avoir été alarmé par une mousse d'insonorisation bon marché et des décorations en plastique suspendues au plafond. « La mousse comme le plastique sont très inflammables et peuvent dégager des fumées très toxiques », a-t-il déclaré.

Les enquêteurs se concentraient sur le plafond au-dessus de la scène, où des matériaux décoratifs ont été retrouvés. Ils examinaient aussi si des matériaux inflammables avaient été utilisés et comment le câblage avait été installé (AP).

Les clients pouvaient-ils sortir ?

Pour beaucoup, les sorties n'en étaient pas. La sortie arrière près des toilettes n'avait pas été utilisée, a dit le chef de la police. Une table de vente de bonbons l'a peut-être bloquée, ou il faisait peut-être trop sombre pour la trouver. Des étagères et des casiers ont pu rétrécir une deuxième sortie près de la cuisine, et certains indices laissent penser que des portes de secours étaient peut-être verrouillées (AP).

L'équipe de Juladit a vu trois panneaux de sortie mais aucun éclairage de secours une fois le courant coupé, a rapporté le New York Times. Environ 25 fenêtres de la façade ont été brisées, toutes sauf une : des clients les ont cassées avec des bouteilles de bière pour s'échapper. Les secours estimaient à environ 200 le nombre de personnes présentes.

Comment le bilan est-il passé de 27 à 41 morts ?

Le premier décompte du service d'urgence Erawan faisait état de 27 morts et 73 blessés, dont 25 dans un état critique (AP). Lundi soir, l'administration municipale comptait 28 morts. Les autorités l'ont qualifié d'incendie le plus meurtrier de la capitale depuis 17 ans.

Au 16 juillet, au moins 33 personnes étaient mortes et 27 restaient hospitalisées (AP). D'autres blessés ont succombé dans les semaines suivantes. Le 18 août, deux nouveaux décès, aux hôpitaux Rajavithi et Taksin, ont porté le bilan à 41 ; 10 personnes restaient hospitalisées, dont quatre en soins intensifs (Thai PBS World).

Quelle faille l'incendie a-t-il révélée ?

La loi thaïlandaise sur les lieux de divertissement date de 1966. Elle a été révisée en 2012, trois ans après l'incendie de la discothèque Santika à Bangkok, le 1er janvier 2009, qui avait fait 67 morts et plus de 200 blessés. Les normes révisées imposent des aménagements intérieurs résistants au feu ou ininflammables, le désenfumage, des sprinklers et des issues de secours dimensionnées selon le nombre de clients (AP).

Mais ces règles ne s'appliquent qu'aux établissements autorisés situés dans les zones de divertissement désignées, au nombre de trois à Bangkok. Le député d'opposition Paramait Vithayaruksun, du Parti du peuple, a déclaré au Parlement que les établissements hors de ces zones ne peuvent pas obtenir de licence adéquate, même s'ils respectent les normes de sécurité. Beaucoup d'exploitants s'enregistrent donc comme restaurants servant de l'alcool et proposant de la musique live, soumis à des règles de sécurité plus légères. Les restaurants, a-t-il dit, peuvent installer une mousse d'insonorisation moins chère (AP).

Amorn Pimanmas, président de l'Association des ingénieurs structure de Thaïlande, a cité la surpopulation, les matériaux combustibles et les sorties obstruées comme causes possibles. Selon lui, la tragédie aurait pu être évitée « si les principes d'ingénierie appropriés et toutes les lois et réglementations pertinentes avaient été strictement respectés » (AP).

Ce que nous ne savons pas

  • La cause. L'incendie faisait toujours l'objet d'une enquête dans les articles consultés. La piste du disjoncteur repose sur le récit d'un témoin, relayé par le Premier ministre.
  • Le nombre de personnes présentes. Les secours l'estimaient à environ 200. La capacité annoncée du bar était d'environ 600.
  • Si les portes étaient verrouillées. La police a seulement évoqué des indices que certaines l'étaient peut-être.
  • Les responsabilités. Le bar a dit coopérer pleinement avec les enquêteurs. Son propriétaire a été grièvement blessé, et la police comptait l'interroger dès que les médecins le permettraient (AP, New York Times). Aucune de nos sources ne fait état d'inculpations.

Ce qu'il faut surveiller

Le Premier ministre Anutin a reconnu les lacunes et estimé que la loi devait être revue. « Les temps ont changé. J'ai demandé aux responsables d'étudier comment adapter les règles », a-t-il déclaré (AP). Un ancien président de l'Association des inspecteurs du bâtiment, Wasawat Kitsiriteeraphak, a appelé à des inspections fondées sur l'usage réel d'un bâtiment plutôt que sur sa catégorie de licence. Le vrai test : le prochain bar musical enregistré comme restaurant sera-t-il inspecté pour ce qu'il est réellement ?

Sources

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