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Santé et épidémies· Par ARMSMA

Ni vaccin homologué, ni traitement spécifique : comment l'Ebola Bundibugyo en RD Congo est passé de 8 cas confirmés à 8728

Quatre soignants d'un même hôpital de Mongbwalu sont morts en quatre jours. L'OMS a lié leurs décès à des manquements dans la prévention des infections, dans son premier rapport sur l'épidémie, le 16 mai 2026.

À ce moment-là, la République démocratique du Congo (RDC) comptait 246 cas suspects et 80 décès, au 15 mai. Seuls 8 cas avaient été confirmés par PCR. L'OMS relevait un délai d'environ quatre semaines entre l'apparition des symptômes et la confirmation en laboratoire.

Au 6 octobre, le nombre de cas confirmés atteignait 8728. Le virus en cause, Bundibugyo, n'a ni vaccin homologué ni traitement spécifique, précise l'OMS, contrairement à la maladie à virus Ebola. Ce résumé s'appuie uniquement sur les bulletins Disease Outbreak News (DON) de l'OMS, le plus récent daté du 8 octobre 2026. Les chiffres sont des cas confirmés sauf mention contraire, et ils auront évolué depuis. Il ne s'agit pas d'un avis médical.

Comment tout a-t-il commencé ?

Le rapport du 16 mai décrivait une maladie à Ebola causée par le virus Bundibugyo en RDC et en Ouganda, qui comptait deux cas confirmés importés.

Le lendemain, 17 mai 2026, le Directeur général de l'OMS a déterminé que l'épidémie constituait une urgence de santé publique de portée internationale.

Avec environ quatre semaines entre les symptômes et la confirmation, les premiers décomptes confirmés ne pouvaient que courir derrière l'épidémie. Les rapports de l'été montrent à quel point elle a grandi.

À quelle vitesse a-t-elle progressé ?

Selon le rapport du 14 août (données au 12 août), la RDC comptait 4665 cas confirmés et 2184 décès. L'OMS l'a qualifiée de plus grande épidémie d'Ebola jamais signalée dans le pays. Au moins 155 soignants avaient été infectés au 9 août.

Quatre semaines plus tard, le rapport du 10 septembre (données au 7 septembre) faisait état de 6757 cas confirmés et de 3267 décès dans 61 zones de santé.

Ce rapport décrivait aussi les outils mis à l'essai faute d'option homologuée :

  • Le vaccin Ervebo, qui n'est pas approuvé pour ce virus, n'était utilisé que dans le cadre d'un protocole de recherche. 2007 personnes avaient été vaccinées au 6 septembre.
  • Un essai thérapeutique avait inclus plus de 300 cas confirmés en Ituri.

Où en est l'épidémie aujourd'hui ?

Le rapport du 8 octobre (données au 6 octobre) attribue à la RDC 8728 cas confirmés, 4205 décès confirmés et 2269 guérisons. Cela correspond à un taux de létalité brut de 48,2 %.

Les cas se répartissent dans 64 zones de santé, dans 7 des 26 provinces du pays.

  • Ituri, l'épicentre : 6480 cas et 2989 décès.
  • Nord-Kivu : 1755 cas et 1013 décès, et le taux de létalité provincial le plus élevé, 57,7 %.

Depuis sa mise à jour du 25 septembre, l'OMS a ajouté 775 cas confirmés et 379 décès. Les nouveaux cas hebdomadaires ont légèrement augmenté, de 475 à 487. Les décès hebdomadaires sont restés à peu près stables, 224 contre 222.

Le lieu des décès en dit long, lui aussi. Sur 372 décès signalés depuis la dernière mise à jour, 264 sont survenus dans la communauté et 108 dans des centres de traitement.

Le suivi des contacts a atteint 80,4 % des contacts sur la dernière période, en deçà de l'objectif de 85 %.

A-t-elle franchi des frontières ?

Oui. Le 6 octobre, le Kenya a signalé son premier cas importé : un homme qui avait voyagé de la RDC en passant par l'Ouganda et qui est décédé le 5 octobre. La recherche des contacts est en cours.

Des rapports antérieurs recensaient 20 cas et 2 décès en Ouganda et un cas en France. Le rapport d'octobre ajoute qu'un soignant testé positif en RDC a été évacué vers les Pays-Bas le 1er octobre.

Comment l'OMS évalue-t-elle le risque ?

Dans son dernier rapport, l'OMS rappelle son évaluation du risque d'août :

  • Très élevé en RDC.
  • Élevé pour les pays qui partagent une frontière terrestre avec elle.
  • Faible pour le reste de l'Afrique et au niveau mondial.

Une évaluation pour le Kenya est en attente. L'OMS déconseille toute restriction de voyage ou de commerce visant les pays touchés.

Ce que nous ne savons pas

  • Le bilan réel. Les décomptes confirmés dépendent des capacités de dépistage, et l'insécurité limite la surveillance : les chiffres réels peuvent donc différer.
  • Le taux de létalité final. Les 48,2 % sont un taux brut, qui évoluera à mesure que les issues seront enregistrées.
  • Une image actuelle du risque. Nous n'avons pas trouvé d'évaluation du risque plus récente que celle d'août, et celle pour le Kenya est toujours en attente.

Ce qu'il faut surveiller

Trois chiffres dans le prochain rapport de l'OMS : si les cas hebdomadaires continuent d'augmenter, si le suivi des contacts atteint l'objectif de 85 %, et si l'OMS publie son évaluation du risque pour le Kenya. Consultez l'OMS pour le rapport le plus récent.

Sources

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